Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

"ZOOM"

Adeline Jacquinet, lauréate du Fonds Léon Fredericq

 

Lauréate d'une bourse de voyage du Fonds Léon Fredericq en novembre dernier, Adeline Jacquinet est diplômée en Médecine de l'Université de Liège depuis 2009. Après avoir réalisé un master complémentaire en Pédiatrie, le Docteur Jacquinet obtient son certificat interuniversitaire en génétique humaine en juin 2014. Grâce notamment à la bourse qui lui a été attribuée par le Fonds Léon Fredericq, elle poursuit aujourd'hui sa formation complémentaire en génétique médicale dans le Département génétique de l'Université de British Columbia à Vancouver. Portrait.

 

Différentes études estiment qu'environ 3 à 7% des femmes sont concernées par une malformation congénitale, plus ou moins sévère, de l'utérus. Ces malformations utérines, et les malformations rénales qui leur sont fréquemment associées, peuvent avoir un impact majeur sur la santé et le bien-être des individus atteints.

A l'heure actuelle, les causes de survenue des malformations utérines lors du développement embryonnaire restent encore largement incomprises. Très peu de recherches sont dédiées à la compréhension des causes de malformations utérines en comparaison à d’autres organes. Or, c’est en comprenant les causes de survenue des malformations utérines qu’il sera possible de comprendre qui, exactement, est à risque et qu’il sera possible d’identifier des facteurs potentiellement modifiables pour les personnes à risque.

C’est ce sur quoi le Docteur Jacquinet a décidé de centrer ses recherches. Par l’analyse des résultats de séquençage d’exome (une technique permettant d’analyser les parties codantes de l’ensemble des gènes d’un individu) et la comparaison de ces résultats pour différents individus atteints dans une famille, elle tente de mettre en évidence certains facteurs génétiques rares impliqués dans la survenue de malformations utérines et rénales.

Bénéficiaire d’un mandat de recherche clinique financé  par le Conseil médical du  CHU de Liège et par le département de Génétique Humaine, le Docteur Jacquinet a choisi de réaliser grâce à ce mandat une formation complémentaire d’une durée de deux ans dans le Département de Génétique Médicale de l’Université de British Columbia à Vancouver, et ce depuis novembre 2014. Après une première année de formation centrée sur la recherche portant sur les malformations utérines et ayant  pour objectif de découvrir de nouveaux gènes impliqués dans le développement utérin, elle consacre aujourd’hui cette seconde année de formation à la clinique et à l’acquisition d’expérience en consultation de génétique générale et prénatale à l’Université de British Columbia.

Un choix guidé par plusieurs raisons. A l’heure actuelle, il n’existe pas, en Belgique, de master complémentaire ou de formation spécifique en génétique. Il est donc nécessaire afin de pouvoir exercer ensuite en tant que médecin généticien de réaliser d’une part un master complémentaire dans une autre spécialité, la pédiatrie pour Adeline Jacquinet, mais il est d’autre part utile de se former à l’étranger. La rencontre d’approches et de pratiques différentes, l’enrichissement  des connaissances et du réseau professionnel, le perfectionnement d’une langue universelle dans le domaine de la Recherche sont autant de raisons pour les jeunes chercheurs de s’expatrier le temps de quelques mois. Par ailleurs chaque université, chaque hôpital universitaire connait un rayonnement spécifique et particulier.  Le département de génétique de UBC, Vancouver, situé dans un hôpital mère-enfant, possède une expertise toute particulière en génétique pédiatrique et prénatale.  Les principaux centres d’intérêts en génétique clinique du Docteur Jacquinet.

Enfin, ce département clinique comprenant une équipe importante mais un petit nombre d’assistants médecins en formation dans une même période de temps, offre une possibilité d’exposition importante en clinique mais aussi l’accès à des expertises et formations variées. Un atout majeur selon Adeline Jacquinet qui souligne dès lors tout l’intérêt et la nécessité de bourses de voyage  telles que celles du Fonds Léon Fredericq. Mais pas que. Chercheuse émérite, elle a également bénéficié d’autres bourses tout au long de sa formation : une bourse du Rotary, une bourse de Wallonie-Bruxelles international, une bourse Erasmus, le prix Louise Gillet en 2012 pour la réalisation d'un stage de 6 mois à Paris et un mandat de Recherche clinique au CHU de Liège. Une nécessité dans un contexte budgétaire difficile qui ne fait pas toujours la part belle à la Recherche. Mais également une belle reconnaissance pour les jeunes chercheurs qui rencontrent une compétitivité grandissante dans leur domaine.

En septembre 2016, forte de ces deux années d’expérience supplémentaire à Vancouver, Adeline Jacquinet réintègrera le Département de génétique humaine du CHU de Liège.

Et dans l’avenir ? « Je souhaiterais pouvoir continuer à développer mes connaissances en interprétation de séquençage d’exome et du génome entier. Mais également  pouvoir transmettre aux patients et aux médecins l’information nécessaire pour la compréhension de ces tests, de leurs implications et de leurs résultats. La génétique prend une place de plus en plus importante en médecine, mon espoir est que les collaborations entre le département de génétique et les autres spécialités continuent à se développer pour, en associant nos expertises propres, pouvoir offrir aux patients des soins et un conseil personnalisé d’une qualité de plus en plus grande. »

Un projet ambitieux et engagé qui, espérons-le, recevra à nouveau tout le soutien nécessaire à sa réalisation.