Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

"ZOOM"

Céline GERARD, Lauréate du Fonds Léon Fredericq

Diplômée en 2009 en Sciences biomédicales à l’Université de Liège, Céline Gérard intègre la même année le Laboratoire des Professeurs FOIDART et  NOEL au sein duquel elle choisit d’étudier l’impact des hormones sur le sein et le cancer du sein. Plus spécifiquement, elle y  étudie les effets d’un oestrogène naturel encore jamais étudié jusqu’alors: l’estétrol. Elle mène à bien sa thèse de doctorat qu’elle présente avec succès en juin 2015. Lauréate l’an dernier d’une bourse de voyage du Fonds Léon Fredericq, Céline Gérard poursuit aujourd’hui sa formation en postdoc dans le prestigieux« Metabolism and Cancer Laboratory » du Hudson Institute of Medical Research à Melbourne en Australie. Portrait d’une passionnée d’endocrinologie.

Les inhibiteurs d’aromatase représentent actuellement le traitement de référence pour les cancers du sein hormono-dépendants chez la femme ménopausée. Cependant, près de 30% des femmes cessent leur traitement ou ne le prennent pas de manière optimale à cause des effets secondaires. Les douleurs articulaires et les problèmes osseux sont souvent les raisons principales d’arrêt de l’utilisation de ce traitement. Il existe donc un besoin crucial de développer des traitements alternatifs pour traiter les cancers du sein hormono-dépendants et augmenter la qualité de vie des femmes souffrant d’un cancer du sein.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Céline GERARD s’est particulièrement intéressée à un oestrogène naturel synthétisé durant la grossesse par le foie fœtal : l’estétrol. L’objectif de ce projet ? Développer de nouvelles préparations hormonales, pour la contraception et le traitement de la ménopause, présentant moins d’effets secondaires que celles actuellement sur le marché. Des recherches qui ont abouti à des résultats très prometteurs caractérisant l’estétrol comme un oestrogène sûr, dénuée d’un risque accru de développer un cancer du sein chez les utilisatrices. Des recherches qui ont donc fait l’objet de plusieurs publications et de congrès internationaux d’endocrinologie/gynécologie. Des recherches, enfin, qui ont permis à Céline d’acquérir l’expertise et les compétences nécessaires pour travailler dans cette thématique et ont particulièrement renforcé son intérêt pour la santé féminine.

Lauréate d’une bourse de voyage du Fonds Léon Fredericq en novembre 2015, Céline rejoint alors l’équipe du Docteur Kristy Brown à l’Institut de recherche MIMR-PHI de Melbourne, un centre de recherche de renommée internationale. « Une opportunité unique », selon elle. Elle avait en effet, dès le début de sa thèse de doctorat, repéré ce laboratoire et rêvait d’y travailler un jour.

Experte reconnue dans la physiologie des œstrogènes et l’étude de la régulation des enzymes impliquées dans leur biosynthèse, le Docteur Brown et son équipe étudient plus particulièrement la régulation du gène de l’aromatase dans le contexte du cancer du sein.  Ses recherches sont également à la base de l’identification du lien qui existe entre l’obésité et une augmentation du risque de développer un cancer du sein hormono-dépendant.  Des travaux qui ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses publications d’articles de recherche originaux ainsi que de revues dans de très grands journaux.

« Travailler à ses côtés, échanger avec les meilleurs spécialistes, c’est évidemment extrêmement enrichissant » souligne Céline, « la recherche n’est pas un métier individuel. Il est important de confronter ses idées et ses questions avec des experts. La recherche n’a aucun sens si elle n’est pas partagée et discutée de manière collaborative. Il y a tellement de gens qualifiés dans la recherche…la réponse est parfois juste « ailleurs ». Avoir une expérience dans plusieurs laboratoires permet par ailleurs d’élargir ses connaissances au niveau technique. J’ai ainsi eu la chance de pouvoir me familiariser avec de nouvelles technologies, de nouvelles techniques, de nouvelles expériences, de nouvelles méthodes de travail que je pourrai, à mon tour, transmettre à d’autres personnes. »

Et de continuer, « La recherche est un domaine très compétitif, les positions sont souvent instables, les jeunes chercheurs subissent une grande pression, il faut parfois se battre pour pouvoir exercer ce métier. J’ai la chance d’avoir trouvé un domaine qui me passionne et la bourse de voyage dont je bénéficie actuellement par le biais du Fonds Léon Fredericq m’a permis de considérablement améliorer mes recherches et ma carrière. C’est d’ailleurs la deuxième bourse de voyage dont je bénéficie par le biais du Fonds. En 2014, j’avais grâce à celui-ci pu effectuer un stage de trois mois au « Institute for the Environnement » de la Brunel Université à Londres sous la direction du Dr Elisabete Silva. Une véritable plus-value pour ma thèse de doctorat et la publication scientifique qui s’en est suivie ».

Et de conclure, « Je ne pourrais qu’encourager chacun à persévérer. En recherche, il faut oser. A tous points de vue. Je suis fière de ne pas être restée dans ma zone de confort. Je n’ai jamais baissé les bras, j’ai cru en moi… et surtout j’ai eu la chance que d’autres y aient cru aussi. Aujourd’hui grâce à ça, je suis heureuse et honorée de pouvoir dire que je travaille dans l’un des meilleurs laboratoires dans mon domaine de recherche ».