Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

A L'HONNEUR /Fonds Léon Fredericq et FNRS
Ensemble pour la Recherche

 

Depuis plusieurs années, le Fonds Léon Fredericq et le FNRS travaillent pour la même cause : mieux comprendre les maladies pour mieux les combattre. Le premier par les bourses et subventions qu’il attribue chaque année et le deuxième par les mandats de chercheurs et crédits à la recherche. Découvrez les trois nouveaux chercheurs FNRS, Akeila Bellahcène, Ingrid Struman et Thomas Marichal.

Akeila BELLAHCENE

Je suis pharmacienne de formation. Durant mes études, j’ai surtout aimé le travail en laboratoire et j’ai donc poursuivi une spécialisation en Biologie clinique avant de découvrir les laboratoires de recherche. Un séjour aux National Institutes of Health (USA) a renforcé mon ambition de devenir chercheuse. En 1998, j’ai obtenu mon Doctorat en Sciences Biomédicales et Expérimentales. C’est en tant que Chercheur qualifié du FNRS que j’ai réalisé mes travaux de recherche sur les métastases osseuses avant d’obtenir le grade d’agrégé de l’enseignement supérieur en 2007. Depuis, je participe aussi à l’enseignement de la Biologie aux étudiants en Pharmacie et en Sciences Biomédicales.

Je travaille actuellement au Laboratoire de Recherche sur les Métastases du Professeur Vincent Castronovo au sein du GIGA-Cancer à l’ULg. Notre Laboratoire s’intéresse à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques du cancer et à l’étude de l’impact du stress carbonyle sur la progression cancéreuse et métastatique.

Ingrid STRUMAN

J’ai obtenu une licence en biochimie à l’Université de Liège ; j’avais réalisé mon mémoire dans le laboratoire du professeur Joseph Martial. C’était à l’époque le début des recherches sur l’angiogenèse, la formation des nouveaux vaisseaux sanguins. J’ai ensuite réalisé un postdoc dans le laboratoire du Professeur Arjan Griffioen à Maastricht. De retour à Liège, j’ai été nommée chercheur qualifié en 2007 et j’ai dirigé une petite équipe qui travaillait sur les mécanismes moléculaires de l’angiogenèse, toujours au sein laboratoire du professeur Martial.  Mon laboratoire est actuellement composé de cinq doctorants, un post-doc, deux techniciens et une mémorante. Au cours des années j’ai essayé de maintenir cote à cote des recherches fondamentales et recherches appliquées. Ainsi certains travaux ont permis de découvrir des mécanismes impliqués dans des cardiomyopathies, le cancer et/ou les thromboses.

Je travaille actuellement au sein du laboratoire d’angiogenèse moléculaire qui fait partir de l’unité GIGA-cancer du GIGA.

Thomas MARICHAL

Après des études de médecine vétérinaire à l'Université de Liège, j’ai réalisé une thèse de doctorat dans le Laboratoire d'Immunologie Cellulaire et Moléculaire du centre GIGA-Recherche, sous la supervision du professeur Fabrice Bureau. En 2011, j'ai obtenu une bourse de la Belgian American Educational Foundation (BAEF) et une bourse Marie Curie de la Commission européenne (Marie Curie International Outgoing Fellowship) afin de compléter ma formation et d'entamer des recherches postdoctorales à l'Université Stanford en Californie, USA, sous la supervision du Professeur Stephen Galli. En 2014, j'ai réintégré le Laboratoire d'Immunologie Cellulaire et Moléculaire (GIGA-I3, Pr. Fabrice Bureau) en tant que jeune investigateur, grâce à une bourse de "Chargé de Recherches" du FNRS. En 2015, l'obtention du prestigieux prix international ACTERIA Early Career Research Prize in Allergology, qui récompense le jeune chercheur le plus prometteur dans le domaine de l'Allergologie en Europe, a représenté une aide précieuse afin de débuter mes proches programmes de recherche. Cette année, j'ai été nommé "Chercheur Qualifié du FNRS".

Je travaille actuellement au Laboratoire d'Immunologie Cellulaire et Moléculaire (GIGA-I3, Pr. Fabrice Bureau).

LEURS PROJETS

Akheila Bellahcène : Mes travaux de recherche actuels concernent l'étude des conséquences de la consommation exacerbée de glucose par les cellules cancéreuses. Ce métabolisme particulier des cellules cancéreuses contribue notamment à augmenter leur capacité à proliférer et à former des métastases. Mon objectif est d’identifier les modifications des protéines et de l’ADN liées à l’utilisation accrue de glucose par les cellules cancéreuses et de découvrir ainsi des biomarqueurs potentiels du cancer mais aussi d’autres maladies telles que le diabète et la maladie d’Alzheimer. Finalement, il serait envisageable dans le futur de contrer les effets néfastes de l’utilisation excessive du glucose grâce à des molécules spécifiques que nous sommes en train d’élaborer et de tester en laboratoire

Ingrid Struman : Je travaille toujours sur l’angiogenèse. La plupart des recherches du laboratoire visent à comprendre les mécanismes de l’angiogenèse tumorale qui est reconnue comme une étape limitante pour la croissance tumorale. Les vésicules comprennent notamment du matériel génétique comme des microARN. Plusieurs études ont montré que ces microARN, de petits ARN non codants d’environ 20-22 nucléotides, peuvent être transportés par les exosomes et transférés dans une cellule receveuse où ils pourront modifier le phénotype de celle-ci en ciblant leur ARNm. (Plusieurs études ont montré que ces microARN, de petits ARN non codants d’environ 20-22 nucléotides, peuvent être transportés par les exosomes et transférés dans une cellule receveuse. Au sein de cellule ci ils peuvent y induire un changement en modulant leur contenu en ARN.) Dans le cadre de notre étude nous nous intéressons au transfert de microARN lors de l'angiogenèse tumorale.

Thomas Marichal : Depuis 2014, j'ai commencé à développer ma propre ligne de recherche sur le rôle des cellules épithéliales et immunitaires dans la régulation de l'homéostasie de la peau et des muqueuses digestives et pulmonaires. La majorité des immunologistes s’intéressent aux mécanismes qui induisent les maladies inflammatoires de la peau et des muqueuses, comme l'eczema, l'asthme ou la maladie de Crohn (les mécanismes "PRO"). Cependant, cela concerne seulement une minorité des individus. Et très peu de chercheurs se demandent pourquoi la majorité de la population ne développe pas de telles affections alors que nous sommes constamment exposés à des signaux de danger et des antigènes. Cette question fondamentale, peu investiguée jusqu’à présent, est au cœur de mes travaux. A l’heure actuelle, je m'intéresse à tous ces mécanismes "ANTI" qui empêchent le développement de telles maladies. Plus spécifiquement, un de mes projets vise à étudier un de ces mécanismes, à savoir le rôle d’une protéine appelée RabGEF1 qui permet aux cellules épithéliales de la peau et de l'intestin de ne pas répondre à tous les signaux de danger qui les entourent et de ne pas s’activer de manière aberrante.

LEUR NOUVELLE FONCTION, UN CHANGEMENT?

Akheila Bellahcène : Le fait d’accéder à la fonction de Directeur de Recherches du FNRS est un véritable honneur pour moi. Cette nomination me positionne d’autant mieux à l’avant-scène de la recherche scientifique à l’ULg et en Belgique. C’est très motivant d’une part de continuer mes travaux de recherche en collaboration avec d’autres équipes et d’autre part de contribuer à l’encadrement de jeunes chercheurs et étudiants avec passion et enthousiasme.

Ingrid Struman : Pour le chercheur académique il existe peu de moments où l’on peut se sentir valorisé pour le travail accompli et reconnu par ses pairs. L’acceptation d’un article ou d’un financement pour un projet en sont… ce passage de Chercheur qualifié à Maitre de recherche en est un pour moi aussi.  Je l’apprécie beaucoup même si cela ne change fondamentalement pas grand-chose dans mon quotidien.

Thomas Marichal : Cela ne changera rien à ma façon de travailler. Je dirais simplement qu'elle me permet à présent de continuer à vivre ma passion pleinement, en ayant la sécurité d'emploi en plus et en étant à présent éligible pour toutes les demandes de financement au niveau national, ce qui n'était pas le cas auparavant.