Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

ZOOM/ LES LAUREATS DU FONDS LEON FREDERICQ

Ils sont 147 jeunes talents scientifiques à avoir été récompensés le 18 novembre dernier lors de la remise des Bourses et Prix du Fonds Léon Fredericq. 147 jeunes espoirs de la Recherche et de la Médecine à Liège. Nous avons rencontré 4 d’entre d’eux. Portraits.

Âgé de 32 ans, pneumologue et passionné par la Biologie humaine depuis toujours, le Docteur Julien GUIOT travaille actuellement au Service de Pneumologie du CHU de Liège sous la direction du Pr Renaud LOUIS en qualité de Chef de clinique adjoint ; lauréat d’une bourse de recherche clinique du Fonds Léon Fredericq en 2015-2016, il poursuit également des recherches au GIGA Infection, Immunity & Immunology (GIGA-I3) sur le domaine particulier de la fibrose pulmonaire, partie de la pneumologie en lien direct avec d’autres disciplines telles que la rhumatologie, l’infectiologie, la cardiologie, la radiologie ou encore l’anatomopathologie. Un caractère multidisciplinaire permettant d’entrevoir les pathologies sous différents angles et de collaborer avec de multiples autres intervenants médicaux. La pathologie interstitielle pulmonaire est une maladie rare aux caractéristiques variables et difficilement évaluables. Le pronostic global étant extrêmement faible, il va de soi qu’une prise en charge efficace et rapide reste un objectif majeur dans notre pratique. L’étude que je mène actuellement consiste à analyser les médiateurs inflammatoires en corrélant les résultats aux caractéristiques cliniques permettant de suivre l’évolution de la pathologie fibrosante au cours du temps. L’objet de cette recherche est d’une part de proposer une technique alternative aux examens de routine plus contraignants, plus coûteux et plus invasifs (fibroscopie, scanner thoracique, pet scanner, …) et, d’autre part, d’entrevoir de nouvelles options thérapeutiques dans l’avenir. Nous travaillons d’ailleurs actuellement activement sur une nouvelle voie thérapeutique dans la fibrose pulmonaire que nous espérons très prometteuse »

 

Âgé de 33 ans, lauréat d’une bourse de recherche clinique du Fonds Léon Fredericq en 2016-2017 et Médecin urgentiste au CHU de Liège sous la direction du Pr Ghuysen, le Docteur Martin TONGLET poursuit actuellement des recherches portant sur la prise en charge des patients polytraumatisés et, plus spécifiquement, sur la prise en charge de l’hémorragie grave post traumatique. Il s’agit d’une urgence grave, menaçant à courte échéance la survie des patients et requérant des actions rapides et adaptées. Mes recherches s’articulent autour d’une question centrale : comment pourrait-on accélérer la prise en charge de ce type de patients ? L’hypothèse est que si nous sommes capables de faire un diagnostic plus précoce et plus précis de la situation et donc de ce dont le patient a besoin en terme de prise en charge, celle-ci pourra être plus rapidement et plus adéquatement instaurée. Son objectif ? Proposer un nouvel algorithme de soins qui permettrait de réduire la mortalité des patients souffrant d’hémorragie post traumatique, qui reste au jour d’aujourd’hui, une des principales causes de décès chez les patients jeunes. Et de préciser, nous allons bientôt démarrer une étude multicentrique qui regroupera plusieurs centres belges et étrangers. Au cours de cette étude, nous étudierons l’impact d’un nouveau protocole de prise en charge, basé sur un diagnostic pré-hospitalier, sur le lieu de l’accident. Le soutien du Fonds Léon Fredericq sera dans ce cadre un précieux atout pour la structuration, la gestion et l’analyse des données de l’étude. Pour conclure, la recherche est un domaine passionnant de la médecine qui complète le travail clinique auprès des patients et qui lui confère une dimension supérieure. Grace à elle s’ouvre une vraie réflexion sur la pratique globale, ses limites, les questions sans réponses qu’elle nous laisse et de tenter d’apporter une contribution afin d’y répondre.

 

Âgée de 26 ans et diplômée en Sciences biomédicales en 2013 à l’Université de Liège, Valérie DION réalise actuellement sa thèse de doctorat sous la direction du Dr Rachelle Franzen au GIGA Neurosciences. Un domaine essentiel pour permettre la compréhension du fonctionnement de l’être humain et d’une grande complexité qui l’a rapidement fascinée dès l’entame de ses études. Lauréate d’une bourse de fonctionnement du Fonds Léon Fredericq en 2016-2017, ses recherches portent sur la sclérose en plaques, une des affections les plus fréquentes du système nerveux central due à la perte progressive d’une substance appelée myéline, nécessaire à une bonne transmission de l’information nerveuse. J’étudie plus particulièrement les cellules permettant la formation de la myéline, et leur implication dans la sclérose en plaques. Celles-ci, encore peu connues, constituent une voie de recherche importante afin de permettre une meilleure compréhension de la maladie et le développement de traitements potentiels. Fortes de 3 années de recherche dans ce domaine, Valérie Dion a obtenu en 2016 la Bourse de la Ligue de la Sclérose en Plaques.


Âgée de 28 ans et lauréate d’une bourse de fonctionnement de Fonds Léon Fredericq, Maïté FRANSOLET travaille actuellement au Laboratoire de Biologie des Tumeurs et du Développement (LBTD) du GIGA-Cancer en tant que chercheuse post-doctorante sous la supervision du Docteur Carine Munaut et du Professeur Michelle Nisolle. L’objet de ses recherches ? La préservation et la restauration de la fertilité de jeunes patientes atteintes d’un cancer, et plus spécifiquement l’amélioration de la technique de cryopréservation de tissu ovarien. En effet, les progrès médicaux réalisés lors de ces dernières décennies dans les domaines de l’oncologie et de l’hématologie ont permis une amélioration nette du taux de survie après traitement des principales néoplasies. Mais chez les malades, guérir ne suffit pas : il faut aussi limiter les effets indésirables des thérapeutiques afin de leur offrir une meilleure qualité de vie. L’insuffisance ovarienne précoce (IOP) peut résulter des traitements, qu’il s’agisse de chimiothérapie ou de radiothérapie, et induire une infertilité. Le développement de méthodes visant à préserver la fertilité est donc devenu une préoccupation majeure des chercheurs et cliniciens. Dans ce contexte, la cryoconservation de tissu ovarien avant l’administration d’un traitement représente une stratégie expérimentale unique pour préserver la fertilité des jeunes patientes cancéreuses. Des recherches passionnantes et motivantes s’agissant  de contribuer à améliorer la qualité de vie de patientes en rémission d’un cancer et de leur permettre de fonder une famille. Des recherches, bien qu’étant fondamentales, en lien direct avec la clinique. D’où le sentiment de réaliser au jour le jour un travail  concret, résolument tourné vers l’avenir. L’occasion pour Maïté Fransolet de rappeler également qu’en recherche, la marge de progression reste énorme, d’autant plus dans son domaine. En recherche, les différentes étapes menant à des avancées cliniques sont longues et coûteuses mais nous progressons chaque jour un peu plus. La recherche fondamentale est le socle des recherches plus appliquées. Afin de maintenir la qualité des recherches menées en Belgique et de continuer à progresser dans ce domaine, on ne rappellera jamais assez à quel point il est important de soutenir et de financer les projets de recherche.


 

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