Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

A l'honneur / La semaine du Cerveau

 

Du 13 au 18 mars se déroulait  la semaine du cerveau au sein du CHU et de l'Université de Liège, comme partout dans le monde. L’occasion pour le Fonds Léon Fredericq de mettre à l’honneur  les neurosciences.

 

Dans le cadre de la semaine du cerveau, nous avons pu rencontrer Rachelle FRANZEN co-organisatrice des activités au CHU et à l’ULg : « L’objectif est vraiment de sensibiliser les gens aux problèmes rencontrés par rapport aux maladies neurodégénératives qui concernent de plus en plus la population dû au vieillissement de celle-ci ». En effet, les maladies de dégénération cellulaire sont à l'honneur cette année.  « Il faut qu’on arrive à mieux les étudier pour en comprendre les mécanismes et pour pouvoir enfin les guérir car il n’y a malheureusement pas encore de guérison pour les maladies comme le parkinson, l’Alzheimer, etc. ».

Afin  de sensibiliser les visiteurs, de nombreuses activités ont été organisées sur plusieurs jours. « Lors de la journée portes ouvertes, plusieurs ateliers sont proposés; ils portent notamment sur la compréhension de l’épilepsie, la différenciation sexuelle du cerveau, l'étude des protéines importantes du cerveau, les problèmes de surdité, l'AVC, les perturbateurs endocriniens ou encore la dissection de cerveaux humains au service d'anatomie ». De la théorie à la pratique, cette journée portes-ouvertes (organisée tous les deux ans) est considérée comme le socle de cette semaine scientifique.

Parmi les autres activités, le « Café du cerveau » avec pour thème « tous connectés ». Une série de colloques où chaque spécialiste vient parler d’un sujet devant des jeunes du secondaire. Parmi lesquels, un exposé sur les problèmes de disconnexions cérébrales assuré par Steven Laureys ainsi que des tables rondes sur l’épilepsie, le burn-out, le coma, les migraines, la maladie de Parkinson, les tocs, la sclérose en plaques, la dyslexie et l’AVC.

Pour terminer la semaine, une journée a été consacrée aux écoles secondaires avec une série de séminaires permettant d’informer au mieux les professeurs de sciences et leurs élèves venus de toute la province. Plus de 300 jeunes et professeurs ont ainsi pu assister aux explications du Professeur Garraux à propos du connectome cérébral (connexion du cerveau, son fonctionnement), de Steven Laureys présentant  la disconnexion cérébrale, de Alain Malchair sur La cyberdépendance pour les enfants et enfin, de Philippe Kohl « la télémedecine: un mythe ou une réalité ». Un moment interactif où les spectateurs ont pu poser toutes leurs questions afin que les sujets soient bien compris.


Le GIGA-Neurosciences


Créé en 2009, le GIGA-Neurosciences recouvre un nombre important de thèmes de recherche et de techniques. La recherche menée en son sein porte sur les bases cellulaires et moléculaires du développement et sur la fonction des systèmes nerveux central et périphérique. Les chercheurs y étudient également les causes du dysfonctionnement de ces fonctions.

Nous avons rencontré Brigitte MALGRANGE, directrice de recherche au FNRS, au sein du GIGA-Neurosciences. Diplômée en pharmacie, elle dirige le laboratoire de biologie du développement au GIGA.

Brigitte Malgrange effectue ses recherches au sein du GIGA considéré comme le « le socle de la recherche », selon ses dires. « A l'échelle moléculaire et cellulaire, on essaye de trouver quelles molécules sont impliquées dans le développement normal du cerveau et de l'oreille. Par la suite, on se dit que ces molécules qu'on identifie comme importantes jouent un  rôle  précis dans certaines pathologies. Ce sont certainement des gênes mutés et  à l’origine de  pathologies du cerveau comme retrouvés dans la maladie de Parkinson, … En clair, les chercheurs du GIGA-Neurosciences ont plusieurs missions comme l'identification de nouveaux gênes, de nouvelles molécules (développement normal et pathologique) et de mutations de ces gênes».

Elle explique : « Sans ce genre de découverte, on ne peut pas trouver de nouveaux médicaments. Le GIGA est une structure qui permet de s’organiser en pôle comme les « Neurosciences » où on regroupe les chercheurs. Ainsi, Il y a des interactions beaucoup plus grandes entre eux et grâce à celles-ci, la qualité de la science augmente fortement ».

Pour Brigitte Malgrange, une phrase résume tout : "la recherche fondamentale, c'est le socle de la recherche qui est nécessaire afin d'aboutir à la découverte nouveaux traitements". Et de développer: "la recherche fondamentale c'est trouver des pistes, la consolidation de celles-ci par la découverte des cibles pour de nouvelles molécules, des accords avec les chimistes, des molécules synthétisées pour enfin lancer le nouveau médicament.Il est donc important de montrer au grand public qu'il y a un intérêt majeur à développer la recherche fondamentale."

 

Le Cyclotron, un outil précieux pour les chercheurs de l'Université de Liège

 

Situé sur le campus du Sart-Tilman, le centre de recherches du cyclotron de l'Université de Liège met à la disposition des chercheurs une technologie de pointe leur permettant de travailler notamment au diagnostic et à la lutte contre les maladies neurologiques comme Alzheimer ou les cancers. Mais pas que. Les études qui y sont menées visent également à comprendre les processus biologiques qui sous-entendent le sommeil, les émotions, l’addiction, les mouvements, la cognition (mémoire, attention, fonctions exécutives) ainsi que la conscience et leurs pathologies.

Le cyclotron est un lieu intéressant où toutes les disciplines se retrouvent. Frédérique DEPIERREUX, jeune chercheuse, nous explique : "Nous sommes quelques médecins, mais on y rencontre des ingénieurs, des informaticiens, des neuropsychologues, des infirmiers, des chimistes, etc. Les échanges entre chercheurs y sont particulièrement enrichissants dans  une ambiance de travail apaisante".

Au niveau clinique, la recherche prend un nouveau tournant à l'aide du Cyclotron. "J’ai choisi le domaine des mouvements anormaux et de la maladie de Parkinson avant tout parce que j’étais fascinée par la sémiologie du mouvement. L’analyse phénoménologique de ces pathologies impose rigueur, minutie mais aussi créativité. Parallèlement, la recherche scientifique dans ce domaine est réellement passionnante tant sur le plan physiopathologique que clinique, permettant de maintenir un lien avec le patient, et finalement, mon métier avant tout – la médecine".

« Mes recherches portent sur l’identification et la mise au point de nouvelles séquences IRM.  Ces dernières sont utiles dans le diagnostic de la maladie de Parkinson. A l’heure actuelle, le seul diagnostic fiable demeure l’examen neuropathologique, réalisé post-mortem. Le but est de développer un nouvel outil diagnostique, aisément accessible en pratique clinique de routine. Le projet de recherche vise donc à valider de nouvelles séquences spécifiques en les comparants à des données obtenues par des acquisitions en PETscan cérébral (FDOPA), réalisées au Centre de Recherche du Cyclotron de l’ULg. »