Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

 

ZOOM / Les lauréats du Fonds Léon Fredericq

Agée de 27 ans et diplômée en Sciences biomédicales, Maureen VANDEVELDE réalise actuellement sa thèse de doctorat sous la direction du Professeur Agnès Noël, Directrice du GIGA-Cancer et du Laboratoire de biologie des tumeurs et du développement, et du Professeur Frédéric Kridelka, Chef de Service du service de Gynécologie-Obstétrique au CHU de Liège. L’objet de ses recherches ? La mise en évidence du rôle des cellules endothéliales lymphatiques dans la mise en place d’un environnement favorable à la survie et l’invasion des cellules cancéreuses. En effet, la plupart des cancers solides, dits carcinomes, forment des métastases en premier lieu via la voie lymphatique. C’est le cas notamment du cancer du col de l’utérus chez la femme. En conditions physiologiques, le réseau lymphatique intervient dans la régulation de la pression des fluides et est donc associé à une haute perméabilité. L’implication de cette voie de dissémination préférentielle des cellules cancéreuses a pendant longtemps été attribuée à sa fonction drainante et donc délaissée par la communauté scientifique qui considérait les vaisseaux lymphatiques comme des acteurs passifs lors des étapes de dissémination des cellules cancéreuses. Néanmoins, il y a actuellement un regain de considération pour les mécanismes sous-jacents à l’entrée des cellules cancéreuses dans les capillaires lymphatiques. Mes recherches portent sur le dialogue entre les cellules cancéreuses et les cellules qui constituent le mur vasculaire des vaisseaux lymphatiques précise Maureen VANDEVELDE, ces recherches sont passionnantes et motivantes au regard des applications potentielles auxquelles elles peuvent mener. En effet, l’utilisation de molécules inhibitrices de ce dialogue pourrait limiter les événements métastatiques chez les patients atteints d’un cancer. Une véritable avancée et un vrai moteur pour de jeunes chercheurs tels qu’elle : ce type de recherches est long et coûteux, il est vrai, mais chaque année, de nombreux phénomènes reliés au cancer sont découverts et permettent d’améliorer et d’adapter au mieux les traitements des patients. Nous nous orientons peu à peu vers une médecine personnalisée, propre à chacun d’entre nous et adaptée aux différentes pathologies auxquelles nous sommes confrontés. Cette passionnée de continuer, en recherche, il n’y a pas une seule journée identique à une autre. Notre travail est réorienté sans arrêt en fonction des résultats générés ce qui donne un aspect dynamique à nos recherches. Il n’y a pas de route toute tracée, il s’agit pour nous d’avoir un réel travail de réflexion.  De plus, nous avons la  grande chance de travailler dans un centre qui aborde de nombreuses thématiques de recherche et où de nombreux séminaires nous permettent de prendre connaissance des nouvelles techniques et des avancements sur les recherches parallèles. Cette proximité avec tant de laboratoires est une véritable opportunité. Enfin, au regard de la générosité des gens qui nous soutiennent, tel que le Fonds Léon Fredericq et ses généreux donateurs, nous ne pouvons que nous sentir investis… et chercher ne suffit pas, il faut trouver !

 

Agée de 29 ans, diplômée en Sciences biomédicales et lauréate d’une bourse de voyage du Fonds Léon Fredericq, Meggy SUAREZ CARMONA poursuit actuellement ses recherches au sein du Centre pour les Maladies Tumorales (NCT) de Heidelberg en Allemagne, au département d’oncologie médicale sous la direction de Docteur Niels HALAMA. Recherche et mobilité sont en effet indissociables. Il est essentiel de s'expatrier pour acquérir une expérience riche et diversifiée, et ainsi revenir plus fort de nouvelles idées. Un postdoctorat à l'étranger est réellement une étape clé dans une carrière scientifique souligne-t-elle. Spécialisée en cancérologie expérimentale, Meggy Suarez Carmona a choisi de travailler dans un laboratoire qui s'intéresse à l'immunothérapie du cancer. Une piste importante dans la recherche cancérologique actuelle, en fort développement clinique et préclinique, qui s'attèle à booster la réponse du système immunitaire du patient, réponse ciblant spécifiquement la tumeur. Quelques traitements immunothérapeutiques sont déjà utilisés en clinique, notamment dans le traitement du mélanome, et les résultats sont prometteurs. Mon projet de recherche consiste lui à développer et tester un nouveau traitement immunothérapeutique qui pourrait être utilisé  dans le traitement de diverses tumeurs solides, en particulier dans le cadre du cancer de l'ovaire. Le cancer de l’ovaire, cancer gynécologique le plus mortel, se distingue par une détection souvent très tardive ainsi que l’apparition d’une résistance à la chimiothérapie. La recherche de nouvelles thérapies « ciblées » fait dès lors l’objet de nombreuses études. Pour l'instant, je rassemble des données précliniques. Il s'agit de démontrer l'efficacité et la sécurité de notre traitement avant de le tester pour la première fois chez l'homme, une visée à la fois très stimulante et mais également très exigeante. Le développement d'un nouvel outil thérapeutique est quelque chose de très gratifiant explique Meggy Suarez Carmona qui espère pouvoir initier ces premiers tests humains dans un an ou deux.