Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

ZOOM / Les Lauréats du Fonds Léon Fredericq

Ils sont 147 jeunes talents scientifiques à avoir été récompensés le 18 novembre dernier lors de la remise des Bourses et Prix du Fonds Léon Fredericq. 147 jeunes espoirs de la Recherche et de la Médecine à Liège. Nous avons rencontré 3 d’entre d’eux qui sont récemment intervenus lors de la Soirée MERCI au musée de la Boverie. Grégory Ehx, Barbara Polese et Pierre Foidart. Portraits.

Agé de 29 ans, fort de son master en Biochimie et Biologie Moléculaire et Cellulaire et passionné par l'histoire naturelle depuis toujours, le Docteur Grégory Ehx, sous la direction de Frédéric BARON, travaille actuellement au sein du laboratoire d'Hématologie au GIGA en tant que chercheur post-doctorant. Lauréat d’une bourse de fonctionnement du Fonds Léon Fredericq en 2016-2017, il travaille sur la maladie du Greffon contre l’hôte. Il nous explique ce dont il s’agit. Il s'agit d'une complication des greffes de moelle osseuse, elles-mêmes utilisées pour traiter divers cancers hématologiques comme les leucémies. Dans ces greffes, la moelle osseuse malade du patient est remplacée par une moelle osseuse saine issue d'un donneur volontaire. Bien que cette intervention permette d'éliminer le cancer du patient (présent majoritairement dans la moelle osseuse du patient), il peut arriver que la moelle saine fraichement greffée génère des cellules immunitaires reconnaissant les organes du patient comme étrangers. Ces cellules peuvent alors s'y attaquer, de la même manière que lors d'un rejet d'organe, entraînant ainsi le développement d'une maladie inflammatoire connue sous le nom de maladie du greffon contre l'hôte. Ses objectifs ? En particulier, les domaines de la biologie des systèmes et de la bio-informatique m'attirent énormément, nous dit-il, parce qu'ils représentent l'avenir de la recherche pour moi. Pour y arriver, je suis entré en contact avec l'université de Montréal où ils travaillent énormément avec ces outils sur des thématiques orientées encore une fois sur la cancérologie et l'immunologie. J'espère ainsi pouvoir effectuer un post-doc de quelques années là-bas pour me familiariser avec ces méthodes.

Agée de 28 ans, lauréate d’une bourse de Doctorat et du prix de la Fondation du Rotary club de Liège pour la Recherche Médicale du Fonds Léon Fredericq en 2016-2017, le docteur Barbara POLESE travaille actuellement au sein du laboratoire du GIGA I3-Centre d’Immuno-endocrinologie dirigé par le Professeur Vincent GEENEN. Après avoir terminé sa thèse, elle se rendra dès septembre faire un post-doctorat dans la prestigieuse université McGill à Montréal, dans le laboratoire du Pr Irah King. Sa thèse porte sur l’étude de certaines cellules immunitaires (les lymphocytes) dans la grossesse et dans l’infertilité liée à des causes immunologiques. Elle nous explique son choix. Mon choix s’est porté sur l’immunologie car c’est un domaine qui touche toute une série d’organes et de systèmes, ce qui permet d’étudier des maladies et cellules variées. C’est aussi un domaine complexe où il reste beaucoup de choses à découvrir. J’aime la diversité de mon quotidien: les expériences concrètes puis les différentes analyses qu’elles requièrent, la lecture et l’écriture d’articles, les échanges lors des congrès et les nombreux séminaires organisés. Et elle ne veut pas en rester là. Dans un premier temps, je voudrais apprendre de nombreuses et nouvelles choses et profiter de l’expérience du post-doctorat à l’étranger. Par la suite, j’aimerais revenir à l’Université de Liège, mon rêve serait d’obtenir un poste de chercheur permanent.

 

Agé de 28 ans, lauréat d’une Bourse forfaitaire de fonctionnement FNRS-FRIA- TELEVIE, le Docteur Pierre FOIDART possède deux casquettes grâce au mandat de clinicien spécialiste doctorant que le FNRS lui a octroyé : tout d’abord, en tant que clinicien, je suis actuellement en fin de troisième année de formation pour devenir oncologue médical. Je réalise l’essentiel de cette formation au CHU de Liège sous la supervision du chef de service, le Professeur G.Jérusalem. Ensuite, en tant de doctorant au sein du laboratoire de biologie des tumeurs et du développement du Professeur A.Noël au GIGA Cancer. Au-delà de ses différentes fonctions, il a choisi l’Oncologie pour différentes raisons. Dès le début de mes études, j’ai trouvé incroyable les multiples découvertes dans ce domaine comme les thérapies ciblées (qui visent une « cible » particulière d’une tumeur et agissent donc de manière « plus fine » que la chimiothérapie).  Lors des stages de médecine en 1e, 3ème et 4ème doctorat j’ai eu l’occasion de suivre les Docteurs A. Rorive et Ch.Gennigens, et chaque soir, je me disais que c’était exactement ça la médecine que je souhaitais pratiquer : à savoir une médecine de pointe où  cependant le médecin prend le temps nécessaire pour son patient et reste le plus humain possible avec lui. Enfin, il nous parle de son projet. Je travaille notamment sur le cancer du sein triple-négatif. On l’appelle ainsi car il n’exprime ni les récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone, ni le récepteur dit « HER2 ». Le cancer triple négatif ne peut donc pas être traité par de l’hormonothérapie et nous n’avons actuellement aucune thérapie ciblée efficace. Il existe cependant une alternative. Le seul traitement à visée systémique disponible est donc la chimiothérapie. Malheureusement, celle-ci entraîne beaucoup d’effets secondaires et ne se montre pas très efficace au vu du  grand nombre de rechutes métastatiques (cerveau, poumon) survenant dans ce cancer.

Notre laboratoire a mis en évidence il y’a une dizaine d’année une protéine à la surface des cellules de cancer du sein triple-négatif : la MT4-MMP. Celle-ci interagit avec d’autres protéines à la surface des cellules et nous pensons que son interaction avec un récepteur appelé EGFR mène à une hyper activation des cellules cancéreuses. Nous tentons de déterminer les voies de signalisation qu’empruntent ces cellules : à savoir, les « routes » par lesquelles les messages de prolifération et d’agressivité passent de la surface cellulaire jusqu’au noyau pour modifier/amplifier l’ADN.  Si nous parvenons à déterminer ces voies, nous pourrons mieux agir dessus et ce de manière « ciblée ».

 

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