Fonds Léon fredericq : De la recherche À la vie

ZOOM / LES LAUREATS DU FONDS LEON FREDERICQ

Agée de 29 ans et diplômée en Médecine, Laure NOEL mène de front depuis 4 ans un assistanat en Gynécologie-Obstétrique au CHR Citadelle - où elle pratique de l'obstétrique, de la chirurgie gynécologique et de la procréation médicalement assistée - et un doctorat au sein du Laboratoire de Biologie des Tumeurs sous la direction des Pr Michelle Nisolle et Carine Munaut. Un énorme défi mais une magnifique opportunité, selon elle.  Lauréate en 2017 de la Bourse Léon Fredericq destinée à soutenir des recherches en lien avec les pathologies féminines et ce grâce au soutien obtenu lors d’une prestigieuse tombola organisée à cet effet lors de la soirée PROJETS,  Laure NOEL effectue plus précisément des recherches sur  les marqueurs prédictifs de l'implantation embryonnaire humaine en procréation médicalement assistée (PMA). Un projet multidisciplinaire, fondamental et clinique. Un projet passionnant, les questions de fertilité impliquant à la fois des aspects médicaux de gynécologie, d'endocrinologie, de chirurgie, d'embryologie mais aussi des aspects éthique et humain, puisqu'elle touche à la reproduction et la filiation. Passionnant également car la PMA est un domaine de recherche en constante évolution, de nombreux phénomènes restant peu connus, notamment justement l'implantation de l'embryon.

Laure Noel de développer, en reproduction humaine, le succès de la PMA et, en particulier de la fécondation in vitro (FIV), est limité par le taux d’implantation de l'embryon. Celle-ci nécessite un endomètre réceptif au niveau de l'utérus, un embryon de bonne qualité et un dialogue correct entre l'embryon et la future mère. Seuls 20 à 25 pourcents des embryons donnent naissance à un bébé vivant. Le but de ce projet est d'identifier des biomarqueurs prédictifs de l’implantation embryonnaire au niveau des cellules de la granulosa et/ou du fluide folliculaire qui constituent l’environnement de l’ovocyte. Ces cellules et ce fluide sont recueillis avec l'ovocyte au moment de la ponction ovocytaire, qui est la première étape de la FIV. Le développement d’une méthode non invasive de sélection des embryons de bonne qualité permettrait ainsi d’améliorer le taux de grossesse en PMA, de diminuer le taux de fausse-couches et de diminuer le nombre d’embryons transférés et ainsi les grossesses multiples avec leurs complications spécifiques.

Mon projet comporte également une partie clinique qui a pour but d'étudier l’intérêt du dosage d'un nouveau marqueur d'implantation identifié par notre équipe et ce en routine, càd chez des patientes tout-venant. La collaboration de médecins et de chercheurs autour de projets de recherche est d'ailleurs primordiale à mon sens, souligne-t-elle. En ma qualité de médecin, c’est extrêmement gratifiant de pouvoir aider les gens. Pratiquer un accouchement ou aider un couple infertile à avoir un enfant sont des événements extraordinaires  au quotidien. La recherche, elle, est un travail de longue haleine. Il y a de nombreux échecs mais les réussites n’en sont que plus précieuses. La recherche est à la base de toutes les avancées médicales et des traitements à offrir aux patients. Elle porte l'espoir d'améliorer notre pratique médicale et je suis fière d’y contribuer notamment grâce à l'aide du Fonds Léon Fredericq qui me soutient depuis le début de ma thèse.


Agée de 30 ans, Julie FUDVOYE est la lauréate 2017-2018 de la Bourse Fabrice Ernst du Rotary Club de Visé destinée à soutenir des recherches relatives aux maladies de l’enfance. Diplômée en Médecine et détentrice d’un Master complémentaire en pédiatrie, elle se spécialise actuellement en endocrinologie pédiatrique et plus particulièrement en endocrinologie périnatale au sein du service de pédiatrie du CHU de Liège. Elle poursuit également en parallèle une activité de recherche au sein du laboratoire de Neuroendocrinologie du développement au GIGA Neurosciences, sous la supervision du Professeur Anne-Simone Parent, portant sur la programmation précoce de la santé, un projet extrêmement translationnel et d’une grande importance sur le plan de la santé future de l’enfant.

En effet, le fœtus et le nouveau-né sont particulièrement sensibles à l'exposition à des facteurs environnementaux, notamment aux perturbateurs endocriniens qui sont des polluants largement répandus capables d’altérer la fonction des hormones et qui représentent un problème majeur de santé publique. Des pathologies peuvent être prédéterminées suite à cette exposition durant cette période critique. Cependant, la latence entre l'exposition et les effets sur la santé est variable et parfois très longue. Ma recherche vise à identifier des marqueurs épigénétiques précoces au sein du placenta des effets de l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Grâce à un modèle animal, nous avons pu montrer que l’exposition gestationnelle au Bisphénol A, un perturbateur endocrinien largement répandu, entrainait des modifications des mécanismes de contrôle de l’expression de certains gènes spécifiques au sein du placenta. Nous souhaiterions maintenant étudier ces gènes spécifiques au sein de tissus cibles périphériques afin d’identifier les conséquences fonctionnelles d’une exposition aux perturbateurs endocriniens. Le placenta, situé à l’interface materno-fœtal constitue par ailleurs un tissu facilement utilisable pour des études humaines ultérieures. L’identification de marqueurs précoces de prédisposition à développer des pathologies plus tard dans la vie permettrait la mise en place de stratégies de prévention en visant particulièrement la femme enceinte et le jeune enfant.

Elle conclut, la programmation précoce est un domaine passionnant  qui me permet dans mon travail de faire de nombreux liens entre mon activité clinique et mon activité de recherche. J’ai l’opportunité de réellement mettre moi-même en pratique les différents concepts sur lesquels je travaille notamment par le biais de l’information aux patients, de la prévention, un axe essentiel pour la santé.


Diplômée en Sciences biomédicales à finalité immunologie et cancérologie et âgées de 27 ans, Megan COLONVAL est lauréate de la Bourse de la Province de Liège 2017-2018. Chercheuse au sein du Laboratoire Immuno-métabolisme et Nutrition du GIGA-I3, elle effectue actuellement une thèse et des recherches portant sur l’Obésité et plus précisément l’étude des macrophages du tissu adipeux dans l'obésité, et ce sous la supervision du Dr Sylvie Legrand et en collaboration avec le Pr Nicolas Paquot et le Dr Nathalie Esser du Service de Diabétologie, Nutrition et Maladies Métaboliques du CHU.

Aujourd’hui dans le monde, plus d’un demi-milliard de personnes sont obèses et un milliard de personnes en surpoids. Il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique directement en lien avec des maladies métaboliques comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires, ainsi que de nombreux cancers. Il a ainsi été prédit que l’obésité dépasserait bientôt le tabagisme comme premier facteur de risque des cancers. D’où l’importance de pouvoir comprendre les liens entre l’obésité, les maladies associées et les cancers pour une meilleure prise en charge des patients dans le futur.

Megan Colonval de développer: l’obésité est non seulement associée à une inflammation chronique de bas grade initiée par le recrutement de macrophages pro-inflammatoires dans le tissu adipeux mais également à un dysfonctionnement des cellules immunes circulantes. En effet, les troubles métaboliques systémiques du patient obèse, en raison des concentrations sanguines accrues en glucose et lipides, peuvent avoir des répercussions à la fois sur le métabolisme et la fonction intrinsèques des cellules immunes circulantes.  L’inflammation et ces perturbations immunes contribuent alors au développement des comorbidités associées à l’obésité telles que le diabète de type 2 et certains cancers. Nous étudions actuellement les mécanismes cellulaires et moléculaires à l’origine de ces perturbations, ce afin de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques.

La recherche est un challenge constant qui nécessite l’utilisation de techniques innovantes pour faire avancer nos projets, souligne-t-elle. Des techniques précieuses mais qui ont un prix. L’argent reste malheureusement le facteur le plus limitant pour les chercheurs actuellement. Et le soutien des généreux donateurs et sponsors dans ce contexte prend tout son sens. Merci à eux !